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Produits réutilisables & zéro déchet

Qu’est-ce qui pollue le plus dans le monde ? Énergie, élevage et transports comparés

Alexandre Lopez 7 min de lecture
Affiche ÉNERGIE FOSSILE : réponse à qu est ce qui pollue le plus dans le monde

Publié par : — Rédacteur spécialisé en produits réutilisables & zéro déchet

À l’échelle mondiale, le secteur qui contribue le plus au réchauffement climatique est la production et l’utilisation de l’énergie, surtout lorsqu’elles reposent sur le charbon, le pétrole et le gaz. Cette réponse doit toutefois être nuancée : l’agriculture, l’élevage, l’industrie, les transports et la déforestation pèsent aussi fortement dans les émissions. Le classement change selon que l’on mesure les émissions directes, celles liées à la consommation ou l’ensemble des pollutions de l’air, de l’eau et des sols.

Le premier responsable mondial : l’énergie fossile

La combustion des énergies fossiles produit une grande partie des émissions de dioxyde de carbone. Le charbon, le pétrole et le gaz naturel servent à produire de l’électricité, de la chaleur, des carburants et des matières premières industrielles. Ils interviennent donc dans de nombreux secteurs : une voiture consomme du pétrole, une usine utilise de l’électricité ou du gaz, et de nombreux bâtiments sont encore chauffés avec des combustibles fossiles.

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Question 1 sur 6 Score : 0

Selon une répartition mondiale citée par le GIEC pour 2014, la production de chaleur et d’électricité représentait 25 % des émissions de gaz à effet de serre. La catégorie « autre production d’énergie » comptait pour 10 %. Ces deux postes montrent le poids du secteur énergétique : il alimente les logements, les services, les transports et l’industrie.

Pourquoi le charbon est particulièrement problématique

Le charbon est le combustible fossile le plus intensif en carbone parmi les trois grandes sources d’énergie. Lorsqu’il est brûlé pour produire de l’électricité ou de la chaleur, il émet beaucoup de CO2, mais aussi des polluants atmosphériques locaux comme les particules fines, les oxydes de soufre et les oxydes d’azote. En Chine, plus de 60 % de l’électricité était encore produite à partir du charbon en 2022. Le mix électrique influence donc fortement le bilan climatique d’un pays.

Secteur mondial Part des émissions Année et périmètre
Production de chaleur et d’électricité 25 % GIEC, 2014
Agriculture, foresterie et utilisation des sols 24 % GIEC, 2014
Industrie 21 % GIEC, 2014
Transports 14 % GIEC, 2014
Autre production d’énergie 10 % GIEC, 2014
Construction 6 % GIEC, 2014

Pollution, CO2 et CO2 équivalent : ne pas confondre les mesures

Le mot « pollution » recouvre plusieurs réalités. Il peut désigner la contamination de l’air par les particules fines, celle de l’eau par les rejets industriels ou les plastiques, ou encore la dégradation des sols par certains pesticides. Ces pollutions ont des effets sanitaires et écologiques importants, mais elles ne se mesurent pas avec le même indicateur que le changement climatique.

Pour comparer les activités responsables du réchauffement, on utilise les gaz à effet de serre et l’unité « tonne de CO2 équivalent », ou tCO2e. Celle-ci convertit l’effet climatique de plusieurs gaz sur une base commune, selon leur pouvoir de réchauffement global. Le CO2 provient principalement de la combustion des énergies fossiles. Le méthane est fortement lié à l’élevage et aux fuites lors de l’extraction des énergies fossiles ; son pouvoir de réchauffement est présenté comme 28 fois supérieur à celui du CO2. Le protoxyde d’azote, associé notamment aux engrais azotés, est présenté comme 310 fois plus réchauffant.

Dire qu’une activité « pollue le plus » suppose donc de préciser le critère retenu. Parle-t-on de climat, de qualité de l’air, de biodiversité, de déchets ou de toxicité ? Une centrale au charbon peut cumuler plusieurs impacts. Une activité agricole peut émettre relativement peu de CO2 direct, tout en produisant du méthane ou du protoxyde d’azote.

Agriculture et élevage : des émissions qui ne sortent pas d’une cheminée

L’agriculture, la foresterie et l’utilisation des sols représentent 24 % des émissions mondiales dans la répartition du GIEC citée. Ce total inclut les émissions agricoles, mais aussi le changement d’usage des sols, notamment la déforestation. Lorsqu’une forêt est détruite, le carbone stocké dans les arbres et les sols peut être relâché. La capacité future de stockage diminue également.

Le rôle spécifique de l’élevage bovin

L’élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre selon la FAO citée. Les bovins pèsent particulièrement lourd à cause de la fermentation entérique, un processus digestif qui libère du méthane. La viande bovine représente 41 % des émissions liées à l’élevage pour 22 % de la consommation mondiale de viande. Les aliments pour animaux, la gestion des déjections et l’occupation des terres complètent ce bilan.

Un point souvent oublié concerne les autres maillons de la chaîne alimentaire. La ferme n’est pas le seul lieu d’émission. La fabrication des engrais, la production des aliments pour animaux, la réfrigération, la transformation, l’emballage, le transport et le gaspillage ajoutent chacun une part d’impact. Pour comparer deux produits, il faut donc suivre le parcours complet, du sol jusqu’à l’assiette, plutôt que d’isoler l’élevage ou le dernier trajet en camion.

Industrie et transports : deux postes majeurs aux mécanismes différents

L’industrie représente 21 % des émissions mondiales dans la répartition du GIEC de 2014. Elle regroupe des activités très différentes : ciment, métallurgie, chimie, fabrication de biens, raffinage et production de matériaux. Ses émissions ne proviennent pas uniquement de l’énergie consommée. Certaines sont des émissions de procédé, directement liées aux réactions chimiques nécessaires à la fabrication du ciment, de l’acier ou de certains produits chimiques.

Les transports comptent pour 14 % dans cette même répartition mondiale. Leur poids peut être plus élevé dans les pays où l’électricité est peu carbonée et où la voiture occupe une place centrale. Le transport routier domine généralement les émissions du secteur : véhicules particuliers, utilitaires et poids lourds consomment principalement des carburants pétroliers. L’aviation et le transport maritime international contribuent aussi au bilan, mais le volume des déplacements et des livraisons routiers reste supérieur.

Voiture ou avion : une comparaison qui dépend de l’usage

Comparer une voiture et un avion sans préciser le trajet, le nombre de passagers et le type de véhicule peut conduire à une conclusion trompeuse. Une voiture individuelle utilisée chaque jour accumule des émissions importantes sur l’année. Un vol est très émetteur par kilomètre parcouru, surtout sur de longues distances. Le levier le plus concret consiste à réduire les déplacements carbonés évitables, à mieux remplir les véhicules, à développer les transports collectifs et à limiter les trajets aériens lorsque des alternatives existent.

Pourquoi le classement change entre le monde, la France et les pays consommateurs

En France, les transports étaient le premier poste en 2023, avec 128,8 millions de tonnes équivalent CO2, soit 34 % des émissions. L’agriculture suivait avec 73,01 millions de tonnes équivalent CO2, soit 20 %, puis l’industrie manufacturière et la construction avec 64,8 millions de tonnes équivalent CO2, soit 16 %. Cette répartition diffère du classement mondial, notamment parce que l’électricité française repose moins sur le charbon que dans de nombreux pays.

Il faut aussi distinguer les émissions territoriales de l’empreinte carbone. Les premières sont produites sur le territoire national : chauffage, usines, élevage, déplacements ou centrales électriques. L’empreinte carbone ajoute les émissions indirectes liées aux biens et services importés. Un téléphone, un vêtement ou un meuble fabriqué à l’étranger peut donc augmenter l’empreinte d’un pays consommateur sans apparaître dans ses émissions territoriales. En 2017, l’empreinte carbone des Français était environ 1,7 fois supérieure aux émissions nationales.

Les priorités d’action doivent tenir compte de cette lecture complète : sortir progressivement des combustibles fossiles, réduire la dépendance au charbon, rénover les bâtiments, décarboner l’industrie, transformer les mobilités, limiter le gaspillage et faire évoluer les pratiques agricoles. Aucun secteur ne suffit seul. La réduction des émissions passe par chaque étape, de la production d’énergie à la consommation finale.

Alexandre Lopez

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